Bienvenue sur le blog des assistantes maternelles agréées et libérales de Sisteron et des environs

mercredi 12 juillet 2017

Psycho-pédagogie

Comment accueillir les émotions du jeune enfant

Les tout-petits expriment leurs émotions de façon brute, sans filtre. Les adultes qui les entourent, notamment les professionnels qui les accueillent jouent un rôle essentiel dans la réception et la compréhension de ces émotions : pour développer la confiance de l’enfant en lui-même et en les autres. Les explications de Miriam Rasse, directrice de l’Association Pikler Loczy en France*.
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professionnelle qui console un enfant
Apprendre à observer l’enfant
Emmi Pikler était pédiatre de famille et transmettait ses réflexions aux parents pour les aider à accompagner leur enfant : agir moins et observer plus. Elle a voulu mettre en évidence que le jeune enfant prenait dès l’enfance une part active dans son développement. Ses travaux se sont d’abord portés sur la motricité libre : la capacité de l’enfant à réaliser de lui-même ses acquisitions motrices, un potentiel inscrit dans ses gènes. Ses recherches se sont ensuite étendues à l’activité autonome : sa capacité à initier une activité constructive, « élaborative », à travers laquelle l’enfant construit ses savoirs et développe sa pensée.
L’objectif de l’Association qui porte aujourd’hui son nom est de former les professionnels à l’observation, ou comment être attentif à ce que le tout-petit exprime. En effet avant de savoir parler, l’enfant dispose d’un mode de communication pré-verbal qui passe par le corps, les gestes et les émotions. Le rôle de l’adulte est de chercher à comprendre ces manifestations et de lui donner du temps et de l’espace pour les exprimer.

Comprendre les émotions comme une forme de communication
Les émotions sont d’abord des réflexes de survie, de préservation. La peur, par exemple, est une alerte face à une menace, réelle ou imaginée. La colère, elle, est le résultat d’une frustration face à l’expression d’un besoin non prise en compte. Les émotions jouent donc un rôle très important en termes de communication puisqu’elles disent des choses de nos besoins. Chez le petit enfant, les pleurs ne représentent pas un caprice mais une revendication. Son émotion se manifeste comme une demande de reconnaissance pour protéger son intégrité.
Le bébé exprime ses émotions de façon brute parce qu’il ne sait pas quelle en est l’origine, il s’agit simplement du ressenti d’un état. Il est complètement habité par son émotion : plus que dire qu’il a peur, on pourrait dire qu’il est la peur. Ce n’est que peu à peu qu’il va reconnaître ce qui se passe en lui, grâce aux réponses de l’adulte. « Le bébé seul n’existe pas » disait Winnicott...

Etre un récepteur des émotions du jeune enfant
Le bébé a besoin d’un récepteur, quelqu’un qui va donner un sens à ses émotions. L’adulte lui met à disposition son appareil psychique pour l’aider à les comprendre. L’accompagnement est un travail de pensée pour relier les émotions à leurs causes, par exemple, quand on explique à un enfant pourquoi il a sursauté en voyant ou en touchant quelque chose.
Les émotions sont aussi une façon de maintenir la proximité avec un adulte sur lequel l’enfant sait qu’il peut compter : elles participent ainsi à construire les liens de l’attachement. Le bébé ressent une tension que l’adulte aide à apaiser, en l’aidant à organiser son monde interne. Le tout-petit apprendra alors à communiquer de façon différenciée. D’un ressenti émotionnel, il passe à une expression.

Montrer à l’enfant qu’on l’écoute
Les émotions du jeune enfant nous disent donc toujours quelque chose de lui et c’est à l’adulte de les décoder, en restant attentif, disponible, réceptif – le principe même de l’empathie. Pourquoi est-il aussi dispersé ? Souvent, c’est parce qu’il a un sentiment d’insécurité. Pourquoi tape-t-il ? C’est généralement un moyen de défense, de protection, quand l’enfant se sent attaqué. Cela révèle souvent un sentiment d’impuissance : il ne se sent pas reconnu dans ce qui le définit. Et l’impuissance est le contraire de la compétence qui correspond à la prise en compte d’une situation et l’ajustement de son attitude par rapport à elle. Par exemple, si l’enfant se crispe quand on lui passe un gant sur la peau, rêche ou trop froid, ou bien qu’il détourne la tête quand on lui tend la cuillère pour le faire manger parce qu’il n’a plus faim, en fait il se défend. L’adulte, parce qu’il a des compétences, peut prendre en compte cette réaction et modifier sa manière de faire, ainsi l’enfant se sentira écouté. La prise en compte des émotions par l’adulte participe donc à la construction de l’estime de soi chez l’enfant.

Adopter une réaction adaptée
Les émotions de l’enfant ne sont pas à banaliser. Par exemple, si l’enfant tombe, on évite de dire « ce n’est pas grave, ne pleure pas ». Au contraire, il faut le laisser s’exprimer. Il peut seulement recommencer à penser calmement quand son émotion est partagée.
Il est important de différencier émotions et comportements. Toutes les émotions doivent être acceptées. Si on les réprime, l’enfant se révolte et peut devenir « difficile », inquiet, agité. Il n’a plus confiance en l’adulte et se retrouve seul avec des émotions dont il ne sait que faire. Ce sont les comportements que l’on peut refuser. On ne dit pas qu’un enfant est méchant, mais que son geste n’est pas acceptable. Ainsi plutôt que dire à l’enfant « tu lui fais mal » - ce qui insinue qu’il aurait prêté une intention dans son geste -, on lui dira « ça fait mal ». Sa personne ne doit jamais être mise en cause.
L’adulte peut d’abord reconnaître l’émotion de l’enfant : avant de lui dire pourquoi il ne peut pas prendre le jouet d’un autre, il peut lui dire « tu as envie de ce jouet ». Au lieu de lui dire seulement qu’il sera servi à son tour comme les autres, il peut lui dire « je vois que tu es impatient de manger ». Il se sentira ainsi écouté et pas directement empêché dans son action. L’adulte peut aussi aider l’enfant à trouver d’autres solutions. Il ne peut pas prendre le jouet d’un camarade, mais il peut essayer de trouver un autre jouet semblable ou qui lui plaît. L’adulte a un rôle de médiateur, il fait un travail de différenciation entre l’enfant et les autres.

Se comporter en allié
Cet engagement émotionnel de l’adulte n’est pas simple car les émotions des tout-petits sont intenses voire envahissantes. Elles viennent aussi parfois rencontrer nos propres émotions ou expériences. On peut être agacé parce qu’on reconnait chez l’un des enfants un petit qui nous a embêté dans l’enfance, ou bien parce qu’on se sent coupable, pas à la hauteur. C’est souvent ce qui nous pousse à distraire l’enfant de ses émotions, à les ignorer : on cherche à s’en protéger. Mais l’enfant a besoin de l’adulte sinon il se sent abandonné. Ce n’est pas pour punir un enfant qu’on lui demande se s’assoir au calme dans un coin, mais bien pour qu’il s’apaise. L’adulte n’est pas un juge de l’enfant, mais un allié résolument de son côté.
Peu à peu l’enfant trouve d’autres moyens pour s’exprimer, il se sert de plus en plus des modes symboliques : il utilise le jeu puis la parole, son comportement change. Le rôle de l’adulte ici est de lui laisser de la place et du temps, de l’engager à parler plutôt qu’à agir. On peut même concevoir de le laisser faire des jeux violents (qui ne portent pas atteinte aux autres enfants ni à lui-même bien sûr), comme fabriquer des épées ou malmener la poupée. Lui lire des contes ou des histoires est une autre façon de lui parler de ses émotions et qu’il se sente autorisé à les exprimer.
Les adultes non plus ne doivent pas se sentir seuls. Ils doivent pouvoir compter sur une équipe : partager pour ne pas être démunis, penser ensemble, être accueillis sans jugement… comme le tout-petit.


*A l’occasion de son intervention sur « l’approche Piklérienne dans la prise en charge des émotions de l’enfant », lors des Journées Nationales d’Etudes des Puéricultrices qui se sont tenues du 14 au 16 juin 2017.

vendredi 10 février 2017

Pikler LOCZY

PIKLER LOCZY : accompagner l’enfant vers son autonomie

Motricité libre, référence, importance du soin… Voilà près de quarante ans que les observations de la pédiatre hongroise Emmi Pikler, alors directrice de l’Institut Lóczy, ont changé le regard de professionnels sur la petite enfance. Si de nombreuses structures d’accueil s’inspirent aujourd’hui de l’approche piklerienne dans leur projet pédagogique, pour un accueil plus respectueux de l’enfant, ses travaux restent encore méconnus ou difficiles à accepter.

 
Crèche Popy
En 1946, Emmi Pikler, pédiatre et psychopédagogue déjà renommée pour ses écrits, crée à la demande du gouvernement hongrois, une pouponnière pour accueillir les enfants orphelins et abandonnés. Ce sera l’Institut Lóczy du nom de la rue où il est installé à Budapest. L’équipe va y mettre en place des conditions d’accueil particulièrement innovantes pour l’époque, basées sur le respect de l’enfant, de son rythme de développement et de ses envies. Contemporaine de Maria Montessori qui s’intéresse alors aux enfants de plus de 3 ans, Emmi Pikler sera l’une des rares à observer les nourrissons. Forte de son expérience auprès des familles, elle constate que les tout-petits peuvent développer des compétences innées, sans aucun enseignement ni apprentissage extérieur, sous le regard attentif des parents ou des éducateurs qui les observent, les accompagnent, les soutiennent et veillent à leur apporter un cadre stimulant et sécurisant, sans pour autant intervenir dans leurs apprentissages.

Des principes fondateurs   
Des reportages entrevus sur l’Institution Lóczy, lorsque les Français ont commencé à s’y intéresser, certains ne retiennent que la sieste au grand air quelle que soit la saison, les repas pris sur les genoux des nurses et ces enfants orphelins. Mais l’approche piklerienne nous mène bien au delà de ces clichés, s’appuyant sur quelques grands principes directeurs simples que nous allons détailler : accueillir l’enfant avec la conviction que d’emblée, il est compétent. Qu’une motricité libre et une activité autonome le laissent se construire à son rythme, dans un développement harmonieux, à condition qu’il soit soutenu dans la continuité par une personne de référence, et nourri par la relation de qualité qu’il entretient avec elle, dans chaque moment de soin. Pour les professionnels de la petite enfance, accueillir un enfant à la Pikler,  c’est avoir un projet d’accompagnement pour lui, en tenant compte de son histoire familiale ; garantir la continuité la plus fluide dans les soins et l’attention qu’il va recevoir, sans qu’il ne subisse la main mise du groupe.

Motricité libre et activité autonome
En dehors de ses périodes de sommeil, l’enfant est placé dans une situation qui favorise au maximum « son activité auto-induite spontanée ». Libre de ses mouvements, on le laisse faire comme il l’éprouve, comme il le sent, pour qu’il acquière la maîtrise de son corps. Pour un nouveau-né, c’est allongé sur le dos sur un tapis ferme mais confortable. Une position reposante qui lui permet de se mouvoir à son aise, le corps libéré de ses entraves, de toutes tensions inutiles. Si l’enfant est en difficulté, on n’intervient si nécessaire qu’après lui avoir laissé le temps d’expérimenter seul, en faisant le minimum pour qu’il retrouve la maîtrise de la situation. Ensuite, l’espace dans lequel il évolue va grandir avec lui. C’est par une observation attentive que l’adulte va pouvoir analyser son comportement et faire évoluer l’aménagement de l’espace, afin de mettre à disposition de l’enfant ce dont il a besoin. Ni trop, ni trop peu. On laissera à sa portée, les objets, les jouets ou le matériel varié, choisis avec soin, qui solliciteront son activité et stimuleront son activité motrice de manière indirecte, en tenant compte de ses possibilités et de l’évolution de son intérêt. Son environnement est lisible et ordonné, toujours rangé de la même manière sans pour autant être mis en scène. Le jeu qu’il va ainsi développer est le sien. Il est parfois difficile de comprendre, surtout pour des professionnels de la petite enfance, que leur rôle n’est pas de jouer avec l’enfant mais de le soutenir et d’être témoin du plaisir qu’il nous montre dans son activité. Bien que l’adulte soit toujours très bon joueur vis à vis de l’enfant, il finit toujours par mener et tirer à lui les règles du jeu. Pourtant, lorsqu’il joue, l’enfant connaît la suite à donner. Il suffit de le confier à lui même, de porter sur lui un regard bienveillant.

De l’importance du soin   
Lors de la toilette, du change ou du repas que l’adulte va pouvoir prendre toute la mesure de son rôle. En effet, c’est dans ces temps de soins - qui peuvent sembler au premier abord très matériels et insignifiants - que l’enfant va puiser toute la sécurité affective et la prise de conscience de lui-même qu’il mettra à profit, plus tard, dans son activité spontanée auto-induite. A nous de lui offrir des temps de soin de qualité, toujours dans le souci de préserver ou susciter le plaisir du tout-petit et de favoriser son autonomie. Il va de soi que l’enfant n’est jamais traité comme un objet, mais comme un être qui sent, observe et mémorise. On s’applique à observer une certaine routine, une régularité même dans les détails, sans hâte ni bousculade et sans jamais être interrompue. Et rassurez-vous, ça ne prend pas plus de temps ! Car petit à petit sont gommés tous ces moments ou l’enfant s’oppose et retarde le travail de l’adulte… Si les temps de soin sont souvent mal considérés, il y a une véritable réflexion à pousser sur le bien-être corporel de l’enfant et la continuité, pour harmoniser nos pratiques. Comment les enfants sont-ils amenés au soin ? La façon de prendre et de reposer un bébé en est un bon exemple. On ne l’attrape pas sans crier gare, on l’appelle par son prénom, et si nécessaire on l’incite à se tourner sur le dos pour capter son regard. Ensuite le bras est légèrement soulevé pour glisser une main derrière la tête afin qu’elle soit parfaitement soutenue. Alors seulement il est soulevé. A la douceur s’associe l’envie de le faire participer : en lui expliquant et commentant ce que l’on fait, en lui présentant les objets utilisés et en utilisant sa coopération active aux gestes nécessaires. Les premiers mois, l’adulte profite des gestes spontanés du nouveau-né puis lui demande de lever les jambes, de tendre le bras. Enfin, en grandissant, il deviendra de plus en plus conscient de cette coopération jusqu’à ce qu’elle devienne volontaire.

La référence et la sécurité affective   
Dans chaque échange, c’est une relation de confiance qui s’installe entre l’adulte et l’enfant. Ce sont d’ailleurs ces temps de soin qui vont lui permettre de connaître et différencier la ou les personnes de référence, qui vont chaque jour lui donner son repas, le coucher pour la sieste, le changer, tout en construisant une relation affective réelle avec eux. On a parfois peur de cet attachement, de cette relation affective essentielle qui se tisse. Mais c’est en adoptant une posture professionnelle solide dans les soins que l’on parvient à éviter l’ultra dépendance. L’attachement est un moyen essentiel pour l’enfant de développer la sécurité affective qui lui permettra d’évoluer vers une autonomie propre et réelle. Dans cette régularité, l’enfant prend des points de repères. Il reconnaît des signaux, il sait qu’ils se reproduisent. Il peut ainsi anticiper, se préparer et donc attendre. Il apprend à différer son besoin car il sait que son besoin sera satisfait comme d’habitude. Dans les structures d’accueil collectif, il y a parfois deux à trois personnes de référence qui se relaient auprès de chaque enfant. Dans ce cas, il est important de veiller à ce que toutes travaillent avec des postures professionnelles identiques, la même feuille de route, mais avec leur savoir-faire personnel…

Un rayonnement au delà des frontières
Aujourd’hui, si Emmi Pikler n’est plus de ce monde, sa relève semble assurée. L’institut Lóczy est toujours une pouponnière. Il abrite également un lieu d’accueil parents-enfants et une crèche (depuis 2006) donc la création devrait faire taire les critiques qui reprochaient à l’approche Pikler-Lóczy de ne s’adresser qu’aux orphelins. Nous avons encore beaucoup à apprendre de ce regard confiant porté sur l’enfant. Des idées encore difficiles à accepter par certains pédiatres et professionnels de la petite enfance aux théories plus interventionnistes qui auraient tendance à considérer comme un retard l’évolution plus lente de certains enfants, et inciter les parents à brûler au plus vite les étapes du développement de leur tout-petit. Pourtant depuis plus d’un demi siècle, l’approche pédagogique d’Emmi Pikler a traversé les frontières. Elle est désormais très populaire en Autriche, en Allemagne, en Suisse et à travers le monde. L’Association Pikler-Lóczy France, très dynamique, poursuit la réflexion sur l’enfant et son travail pédagogique auprès des mères et des professionnels de la petite enfance.
 
 https://lesprosdelapetiteenfance.fr/bebes-enfants/psycho-pedagogie/pikler-loczy/pikler-loczy-accompagner-lenfant-vers-son-autonomie

dimanche 11 décembre 2016

Cette année nous avons demandé à la compagnie "A pas de Lune" de faire rêver les petits lors de notre spectacle de Noël.  http://www.apasdelune.com/
La comédienne a enchanté  petits et grands avec son spectacle "Au jardin des doudous".
Et puis bien sûr après la représentation nous avons eu la visite du Père Noël, qui , même si quelques tout petits ont pleuré, a ravi tous les enfants en leurs offrant un petit cadeau.
L'après-midi festive s'est clôturée avec un goûter gargantuesque.
Un grand merci aux enfants, aux parents et aux assistantes maternelles de l'association



vendredi 30 septembre 2016

Les chroniques de Françoise Näser

Une question de confiance. Par Françoise Näser

Assistante maternelle, auteure

« Il faut bien faire confiance » se dit Maman en sortant de chez sa toute nouvelle assistante maternelle, un gros nœud dans la gorge, une irrépressible envie de pleurer. Jamais, jamais elle n'aurait pu soupçonner qu'il serait si difficile de confier son enfant, si difficile de choisir la bonne personne, celle qui allait prendre soin de son bébé sans chercher non plus à lui voler sa place dans son cœur. Comment savoir, une fois la porte fermée, une fois le dernier sourire, le dernier au revoir de la main, comment savoir ce qu'il se passe vraiment ? Quelle angoisse, tout de même, de confier son bébé à une inconnue ! Même si elle fait plutôt bonne impression, même si sa famille est sympathique, même si son intérieur est accueillant. Son bébé à elle, cette extension de son propre corps, sa petite « Crevette d'amour » est restée derrière elle, c'est un fait. Culpabilité ? Un peu quand même. Même si Maman est ravie de retrouver son travail, même si, pour être tout à fait honnête, ses collègues lui ont bien manqué, qu'y a-t-il de naturel à voir son bébé dans les bras d'une autre femme ? Pourtant, tout se passe bien : l'adaptation, cette période où chacun prend ses marques à son rythme, où on se découvre les uns les autres, ses habitudes, ses petites manies, l'adaptation est en bonne voie. Bébé reste maintenant de longues heures chez sa nounou sans soucis : lorsque Maman arrive le matin, son assistante maternelle prend le temps nécessaire pour la rassurer, et, le soir, lorsque Maman repart, elle écoute en buvant du petit lait le compte rendu de ces quelques heures, émaillé d'une petite anecdote « aujourd’hui, il a attrapé un hochet sur son tapis de jeu» ou bien « il a bu son biberon plus rapidement qu'hier et n'a pas eu de régurgitation cette fois-ci».

« Il faut bien faire confiance » se dit Bébé, dans les bras de sa nounou. Comment faire autrement ? Du haut de ses 3 mois, il n'a pas vraiment d'autres choix ! Ses parents ont décidé de le confier à cette femme tandis qu'ils partent travailler : il compte donc maintenant sur celle qui n'est pas sa maman, pour le nourrir, le maintenir au propre, le faire dormir. Mais aussi le faire rire, le consoler, l'écouter et bien d'autres choses encore. C'est vrai que dans ses bras, il se sent plutôt bien, et que même si ce n'est pas l'odeur bien connue de sa maman, cette étrangère sent plutôt bon. Il a vraiment envie de lui faire confiance, de s'abandonner en toute sérénité dans ces bras qui bercent tout en douceur, en l'écoutant fredonner des comptines. Chante-t-elle pour lui tout seul ? Car il y a d'autres enfants, il les a vus ! Et surtout entendus. Ils sont assez chamailleurs, et passent de temps en temps dans son champ de vision : ils sont bien plus grands et ont l'air de faire des choses passionnantes. L'un a un objet rouge dans la main et le lui agite devant le nez en demandant « Nounou, tu crois qu'il veut jouer avec la voiture ? » Bien sûr qu'il voudrait pouvoir attraper ce bel objet, même s'il ne sait vraiment pas ce que c'est. Un autre s'approche et réclame lui aussi un biberon de lait. Il semblerait que d'autres personnes partagent son régime alimentaire, quelle surprise ! Dès qu'il aura fini sa sieste, il tentera d'en apprendre plus, parce que pour le moment, ses yeux se font lourds et il espère regagner au plus vite son joli lit à barreaux et son doudou. Un dernier câlin, une dernière caresse rassurante et le voilà installé confortablement dans la pénombre.

« Il faut bien faire confiance » se dit l'assistante maternelle face à cette nouvelle famille. C'est qu'elle en a vu de toutes les couleurs dans sa carrière ! Elle pourrait en raconter des anecdotes tristes ou risibles, inquiétantes ou amusantes ; des expériences elle en a faites, parfois de très mauvaises et parfois de très bonnes. Chaque nouvel accueil apporte son lot de surprises et de la même façon qu'aucun enfant n'est semblable, aucun accueil ne se déroule de la même manière. Chaque famille a ses horaires, ses habitudes, ses souhaits en matière d'éducation : il faut savoir s'adapter tout en gardant le cap. Comment vont se comporter ces employeurs-là ? Vont-ils respecter les horaires et toutes les autres clauses du contrat établi ? Va-t-elle être rémunérée en temps et en heure ou bien devra-t-elle réclamer tous les mois son salaire ? Va-t-elle devoir batailler pour ses congés ? Elle a déjà connu tout ça, et plus d'une fois ! Comment vont se comporter ces jeunes parents avec elle ? Sera-t-elle pour eux une personne-ressource ou bien uniquement leur salariée ? S'établira-t-il au fil du temps une relation amicale ou strictement professionnelle ? L'adaptation du bébé se passe très bien : il semble s'acclimater rapidement et sa maman, bien que visiblement stressée, paraît plus sereine de jour en jour. Les deux femmes commencent à s'émerveiller ensemble des petits progrès accomplis quotidiennement par le bébé. « Ce n'est pas facile pour les parents de confier leurs enfants. Pour avoir le cœur en paix, il faut qu'ils fassent confiance à la nounou, et nous aussi. Quand les grandes personnes se font confiance, qu'elles se parlent bien, les enfants se sentent en sécurité, ils sont tranquilles. » (1) La confiance est au cœur de cette relation : les graines en ont été semées, elles restent à cultiver et à croître au fil du temps.

 https://lesprosdelapetiteenfance.fr/vie-professionnelle/paroles-de-pro/chroniques/les-chroniques-de-francoise-naser/une-question-de-confiance-par-francoise-naser

jeudi 23 juin 2016

http://maitressepatate.eklablog.com/fichez-moi-la-paix-avec-montessori-a126212692

un autre regard !

mercredi 9 mars 2016


La motricité libre

Emmi Pikler développera ce concept de "motricité libre" ou « motricité autonome » tout au long de sa vie professionnelle.

Déroulement du développement moteur autonome selon Emmi Pikler


Quelques extraits d’une conférence de Myriam David, en 2003

…« La contribution majeure d’Emmi Pikler concerne le rôle essentiel que l’activité spontanée du bébé joue dans son développement. En effet, elle découvre combien le bébé prend plaisir et intérêt à exercer son activité spontanée et comment il se saisit des possibilités nouvelles offertes par son développement sensori-moteur, progressant ainsi de jour en jour à petits pas dans ses capacités et découvertes, au rythme de ce développement, chaque petit pas précédant et préparant le suivant dans un processus continu et dans un ordre donné. Ce faisant, le bébé ne poursuit pas un but, il va à l’aventure, découvre à tâtons, reproduit, maîtrise chaque acquisition au fur et à mesure de la poursuite de son chemin. On le voit capable à cet égard de faire de grands efforts et de ténacité, mais capable aussi de se reposer, parfois de regarder ailleurs, puis retourner à sa tâche.
Au travers de l’exercice de cette activité spontanée, le bébé est en vérité le moteur, l’animateur de la progression de son développement global : psycho-moteur, cognitif, psychique »…
… « Il importe de ne pas le contrarier en faisant intrusion, en exposant par exemple le bébé à des postures qu’il n’a pas encore découvertes et qu’il n’est pas encore prêt à adopter, lui enlevant la joie de découvrir par lui-même et la confiance en ses propres capacités »….
… « Elle montre l’importance pour le bébé de bénéficier de trois espaces de vie bien distincts et qui s’alimentent l’un l’autre :
  • Aire des soins corporels au sein d’une relation chaleureuse, intime avec la personne qui assure l’ensemble des soins et organise ces trois espaces. Cette intimité étant le fruit d’un regard attentif, permettant d’accéder à une connaissance du bébé réel, de ses progrès et acquisitions quotidiennes, de ses façons d’être, de ses capacités, celles déjà acquises, celles qu’il commence tout juste à exercer, celles qui s’annoncent, ceci favorisant la mise en œuvre des soins bien ajustés à l’état du bébé.
  • Aire d’exercice de son activité par lui-même : espace de jeu et d’activité libre dans laquelle l’adulte n’intervient pas directement mais qu’il prend soin d’organiser de façon à assurer sa permanence quotidienne et la sécurité du bébé. Le cadre de cet espace, sa dimension, ses limites, son contenu étant pensés en fonction du développement du bébé, de ses goûts et intérêts.
  • Aire de repos et de sommeil : la succession, le rythme, la durée respective, le contenu de chacun des espaces étant régulé en fonction de l’observation de l’état de l’enfant : état de développement, de vigilance, de fatigue, d’appétit, de satisfaction, etc. Afin que le bébé soit en état de bien-être corporel et qu’il puisse ainsi jouir pleinement de l’exercice de son activité spontanée dans chacun de ces espaces. »…

Pour approfondir la notion de motricité libre

  • E. Pikler : "Se mouvoir en liberté dés le premier âge" - Puf (épuisé) - Diffusé par APLF
  • A.Szanto, A.Tardos : "Se mouvoir en liberté" - DVD diffusé par APLF

vendredi 25 septembre 2015

Un enfant n'est pas un jouet ...

Après deux/trois semaines de vacances bien remplies, où nous avons vu beaucoup de monde, essentiellement la famille d'ailleurs ... avec le passage des uns et des autres, un mariage etc. ... Petit Baroudeur et moi étions contents de rentrer  à la maison ... 
D'une part pour retrouver nos petites habitudes, certes, mais surtout parce que le comportement de certains adultes avec mon fils commençait à m'agacer très sérieusement. 
Donc, oui, Petit Baroudeur est un petit enfant... avec sa personnalité propre, ses envies, ses choix, ses peurs, ses qualités et ses défauts .... 
Et non, ce n'est pas un pantin qui doit correspondre à ce que l'adulte en face de lui souhaite au moment "t"... 
Et ce n'est pas non plus un jouet attendrissant avec lequel on s'amuse 5 minutes "il est tellement mignon"  et sur lequel on crie ensuite dessus parce qu'On a autre chose à faire ... et que forcément lui trouvera aussi autre chose à faire pour rappeler sa présence ...
Ce n'est pas parce qu'un enfant est petit qu'on peut lui dire n'importe quoi, exiger de lui tout et son contraire, le soumettre à un chantage permanent culpabilisant style "Tu ne veux pas me faire un bisou? Bon, alors je pleure... " , ou trouver amusant de lui faire peur en lui racontant qu'il ya des loups partout (dans la cave, dans la pièce où il veut aller, dans le jardin quand la nuit tombe etc. ). 
Tout cela est assez commun et banal, je suis sûre ... et je pense que de nombreux témoignages des uns et des autres pourrait rejoindre mon propos ...
Alors, il est peut être bon de remettre noir sur blanc qu'un enfant est une personne à part entière ... avec une dynamique propre à l'enfance, une manière de penser spécifique.... et il n'est pas un mini clone de ses parents, un mini adulte qui peut tout comprendre, un animal de compagnie...
C'est bien de râler, mais que faire ? Des cartes de voeux "Les bonnes résolutions pour s'occuper d'un enfant" ... des cartes postales " Vacances heureuses ... avec un petit loulou" ... des affiches "Les 10 commandements des Papi/ Mamie/ Oncles / Tantes / Cousins etc."  ... 
avec des choses toutes simples dedans: 
1. Quand je propose de m'occuper de Loulou, c'est à 100% ... 
Ben oui, sinon ça donne ... je cuisine, je crie sur Loulou qui touche aux couteaux de cuisine ... je débarasse le lave-vaisselle, je crie sur Loulou qui met en route le four etc.  et au final, le temps où j'ai proposé de m'occuper de Loulou sera négatif pour lui et pour moi. 
 2. Loulou n'a pas une mémoire de poisson rouge ... 
Et oui, donc il se rappelera de ce que vous lui avez expliqué ou dit ... donc, vous ne vous étonnerez pas qu'il ne veuille plus entrer dans la pièce où la veille vous lui avez dit qu'il y avait un loup... 
3. Loulou est logique 
Si vous jouez avec lui à table avant que le plat n'arrive, ne vous étonnez pas qu'il continue de jouer et s'excite une fois le plat arrivé... alors que vous, êtes centré sur le contenu de votre assiette. 
Si vous chipez ses affaires ou lui faites des tours pendables, ne vous étonnez pas qu'il vous dise qu'il veut faire la "bagarre"  avec vous, ou qu'il mime de vous tirer dessus en disant "pan" ( et rappelez vous qu'il est petit, et qu'il ne met pas du tout la même chose que vous sur ces mots et situations). 
4. Loulou pense ( et oui !!! ) 
Doué de parole (!), Loulou vous dira ce qu'il pense de telle ou telle situation, acceptera/ demandera/ refusera  vos propositions... Certes, ce n'est pas toujours agréable... mais pensez que vous êtes avec lui, comme avec n'importe qui d'autre, dans une relation... un dialogue ... et que tout propos arbitraire sans aucun temps d'adaptation ou de transition risque bizarrement d'être mal accueilli. 
5. Loulou est très sensible au niveau émotionnel
Loulou est petit, chaque émotion est vécue intensément, sans filtre, sans pouvoir être relativisée  (rappelez vous quand vous étiez ado... ça s'en rapproche) ... donc ne vous étonnez pas de ses réactions vives... son chagrin est intense, sa colère est bouillonnante, sa joie est débordante, sa peur est irraisonnée et peut être irraisonnable
6. Loulou est fatigable 
Loulou a un rythme d'éveil/sommeil différent du votre... et sa fatigue s'exprime différemment de la votre... il n'ira pas faire la carpette sur un transat... mais pourra alterner entre des phases de repli / irritabilité / excitation ... Dans ces cas là, il ne sert plus à rien de "crier", il ne vous entend plus ... il ne vous reste qu'à lui permettre de se reposer. 
7. Loulou apprend en jouant/ bougeant
Pour lui, c'est vital ... oui, il est fatigant mais pour être bien dans ses baskets, il a besoin de bouger, parler, voire crier ... si vous contrecarrez tout cela, attendez vous au pire !!!
8. Loulou... nombril du monde
Enfin, c'est ce qu'il croit ! Il faut lui apprendre à vivre avec les autres, à intégrer règles et codes sociaux... mais pas tout en même temps et pas avec une tolérance zéro... 
9. Loulou a ses humeurs, ses trucs à lui 
Comme vous, Loulou a des jours "avec" et des jours "sans" .... des jours où il se lève du pied gauche... Loulou ne se montre pas toujours sous son meilleur jour ... n'en faites pas une affaire personnelle, même si ce jour là était le jour où il devait épater vos amis parce qu'il est évidemment le plus beau, le plus intelligent, le plus "en avance" ... poli... aimable... souriant de tous les enfants. 
10. Loulou a des parents
C'est dommage, hein ? Mais voila, c'est comme ça, et ce sont eux qui donnent les lignes directrices de l'éducation de Loulou... Si vous voulez que tout se passe bien, évitez de contester, ignorer, critiquer négativement la conduite des parents de Loulou ... il le sent et le ressent ... et vous le fera comprendre. Rappelez vous que pour Loulou, les personnes fondamentales de sa vie sont justement ses parents ... et elles le resteront en filigrane toute sa vie. 

Bon, j'imagine la tête des gens si je leur offrais cela... mais pourtant, ce ne serait pas une mauvaise idée !!! 
Et vous, des idées ? Des remarques ? 

http://journalpsychomotricienne.fr/relation-parents-enfants/education/315-mon-fils-n-est-pas-un-jouet.html#.Ug9mcz1ZSD8.facebook

mercredi 16 septembre 2015

http://apprendreaeduquer.fr/comment-aider-enfants-mieux-comprendre-les-autres/

Dans l’excellent livre Petites leçons de vie, Sophie Carquain propose d’aider nos enfants à mieux comprendre les autres.

Comprendre les gens méchants

Dans les dessins animés ou les livres pour enfants, les gentils et les méchants sont facilement reconnaissables : les gentils sont généralement beaux et souriants, alors que les méchants sont laids et crient beaucoup. Ce type d’histoires apprend aux enfants que le monde est noir ou blanc, qu’on est soit gentil, soit méchant, que ceux qui crient sont méchants par nature (alors qu’on peut crier ponctuellement sous le coup de la fatigue, de la peur, de l’agacement…), que la beauté est associée à la gentillesse, que la laideur est à fuir.

On peut avoir l’air méchant parce qu’on se sent faible. 

Quand on a peur, on cherche à se protéger par tous les moyens, on cherche une sorte d’armure de protection. Certains, adultes comme enfants, vont alors choisir d’être méchants comme carapace.
Les enfants qui jouent les durs se sentent souvent faibles ou menacés à l’intérieur. La méchanceté n’est rien de plus qu’un moyen de défense dans ce cas.

On peut être méchant parce qu’on est considéré comme un moins que rien.

Quand personne ne porte attention à quelqu’un, quand personne ne lui sourit ou ne lui adresse de mots agréables, quand personne ne se soucie de ses sentiments, de ses émotions, alors ce « quelqu’un » peut se sentir tellement abandonné qu’il en devient méchant. C’est encore pire quand il entend des phrases comme « Je ne t’aime plus ».
La bonne nouvelle est qu’il suffit de lui adresser des mots gentils et des sourires pour qu’il se découvre gentil. On n’est pas condamné à être méchant à vie :-).

On peut être méchant parce qu’on a mal, parce qu’on souffre.

Les personnes qui souffrent ont tellement mal qu’elles ont envie de se débarrasser de leur douleur en la donnant aux autres. C’est l’histoire de la sorcière Karaba dans Kirikou : elle souffre d’une épine plantée dans son dos et est tellement obnubilée par sa propre douleur qu’elle n’arrive pas à être gentille.
Mais le problème est que plus on est méchant avec les autres, moins ils nous aiment, plus on ajoute à la souffrance initiale. Encore une fois, la bonne nouvelle est que la méchanceté pourra disparaître avec la douleur, comme c’est le cas à la fin du film Kirikou et la sorcière.

On peut être méchant parce qu’on nous a dit qu’on l’était.

Les étiquettes posées par les adultes aux enfants du type « Tu es méchant(e) », « Tu es nul(le) », « Tu es mauvais(e) » peuvent devenir des réalités. Les enfants deviennent ce que l’on pense d’eux. A force d’entendre des jugements sur son être, sur sa personnalité, l’enfant l’intériorise et devient en quelque sorte prisonnier de ce rôle qu’on lui attribué d’office.
L’enfant ne sait plus être gentil mais il suffit que quelqu’un s’occupe de lui, se soucie de lui, lui dise des mots gentils pour le transformer.
L’amour et la confiance des autres peuvent nous transformer en de vrais gentils. Sophie Carquain

dimanche 31 mai 2015



Cette année notre spectacle de printemps a de nouveau été un grand succès ! Merci aux enfants, aux parents et bien sûr à la compagnie : http://www.zephirine-cie.com/  qui nous a émerveillés !

jeudi 5 mars 2015

Aborder la séparation par le toucher

Quand Karine Stock m’a dit qu’en tant qu’haptonome, elle pouvait aborder le sujet de la séparation en réunion à thème, ça m’a de suite interpellée. Parce qu’on aborde cela de bien des façons mais je n’avais jamais envisagé de le faire par le toucher.
Comment accompagner l’enfant à se séparer, quand son parent le confie à une tierce personne ou qu’il le couche le soir ?
Karine est donc intervenue sur ce sujet fin janvier. Elle a expliqué les différentes étapes du développement de l’enfant, qui entrent en cause dans la démarche de séparation.
Par exemple, avant 6 mois, bébé croit qu’il fait partie de sa mère. Puis, petit à petit, il comprend qu’il est une personne à part entière. D’où l’angoisse du 8ème mois (qui peut survenir avant ou après l’âge des 8 mois), quand bébé croise un visage étranger, qu’il vit une situation nouvelle ou que son parent s’éloigne. C’est normal ! C’est une étape qu’il vit, qu’il faut accompagner et qu’il traversera. ça le fait grandir. Ensuite, il acquière sur plusieurs mois ce qu’on appelle la permanence de l’objet : il comprend que l’objet ou la personne existe, même s’il ne le voit pas. Le jeu de cache-cache est top à cet âge là : « je suis caché, tu ne me vois pas, ah me revoilà ! » ou quand l’enfant s’amuse à jeter son doudou de la poussette, il ne le voit plus. On le lui redonne, le revoilà ! Et souvent, il recommence ! ça nous agace mais c’est dans la répétition qu’il assimilera et puis, en faisant ça, il crée un lien, un jeu avec l’adulte : il aime ! Bon, on est en droit de lui dire « stop » à un moment quand même :-)
Mais du coup, il comprend que son parent qui s’éloigne, existe toujours et qu’il va revenir.
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Avant 8 mois environ, l’enfant ressent une angoisse de morcellement : il se croit en pièces détachées. Il a besoin de toucher ses mains et ses pieds pour prendre conscience de la construction de son corps.
L’enfant a passé neuf mois de sa vie dans un milieu liquide, maintenu de toutes parts par la pression amniotique, sans être soumis à la pesanteur. Puis il est violemment projeté dans le monde aérien. Cela peut provoquer chez lui une angoisse de « chute sans fin », tant qu’il n’a pas le sens intime de sa peau et de ses limites corporelles propres. (Hélène STORK, « ENFANCE (Les connaissances) – La petite enfance », Encyclopædia Universalis)
L’enfant a donc besoin de se toucher et d’être touché pour être rassuré.
Karine et Déborah Dassi, monitrice de portage « Aux portes du coeur », ont insisté sur l’importance de bien porter l’enfant :
- le soutenir par la base : une main sous les fesses pour que bébé sente son poids reposer sur quelque chose,
- ne pas le porter sous les aisselles, jambes pendantes : imaginez-vous suspendu au-dessus du vide !
- garder bébé contre soi aussi longtemps que possible quand on le prend ou qu’on le pose, l’accompagner, pour éviter cette angoisse de chute. Oui, ça demande de se baisser du coup.
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Karine a ajouté qu’il fallait que les parents se sentent en confiance quand ils confient leur enfant, qu’ils n’hésitent pas à parler de leurs éventuelles angoisses à la personne qui s’occupera de leur bébé, qu’ils expliquent aussi ce qu’ils ressentent à leur petit, avec des mots simples, en ajoutant que c’est une étape et qu’ils vont y arriver, que tout se passera bien. Prendre le temps de se dire « au revoir », donner des repères temporels à l’enfant : « je viens te chercher après le goûter », ne pas partir en catimini sinon le loulou aura le sentiment d’avoir été abandonné quand il réalisera que sa maman ou son papa est parti… et ne pas revenir : si l’on part et que l’on revient pour un dernier bisou, ça envoie comme message : je suis inquiet.
Elle nous a aussi expliqué qu’en haptonomie, le regard est un toucher à distance. Il est donc bon pour que l’enfant se sente enveloppé, contenu, sécurisé, de lui parler en le regardant dans les yeux.
A partir de 20 secondes, un câlin a un effet thérapeutique sur le corps : il produit de l’ocytocine. Cette hormone permet de se détendre, de se sentir en sécurité et de calmer craintes et anxiété. On ne peut donc que recommander un câlin au moment de se séparer, pour se dire « au revoir ».
La tierce personne qui accueille l’enfant a un rôle important aussi : rassurer le parent et j’ajouterais : ne pas se sentir dévalorisé ou autre si le parent a des craintes. Il ne remet pas en question nos compétences mais il a peur et est sûrement triste. Rassurer l’enfant aussi. Et accompagner la séparation, en respectant la bulle proximale de chacun. Et là, un grand merci à Karine : on n’y faisait pas forcément attention… Quand le loulou est dans les bras de son parent, qu’il est l’heure de se quitter, on s’approche d’eux, on tend les bras et on prend l’enfant. La bulle proximale, on la connait mieux sous le nom d’espace vital. Pour que la séparation se fasse la plus douce possible, il faut que le parent, l’enfant ET la tierce personne ouvrent leur bulle. Il faut que chacun soit prêt à laisser l’autre s’approcher. Si je prends le bébé des bras de son parent qui n’est pas tout à fait prêt, bébé ressent le malaise de sa maman ou de son papa et ne sera pas dans les meilleures conditions pour dire « au revoir ». Si j’accueille l’enfant sans être prête, il risque de le ressentir aussi. Donc prendre le temps. Ne pas se précipiter. J’attends maintenant un signe du parent ou de l’enfant pour tendre les bras et je m’approche toujours d’eux doucement.
On a vu que le toucher rassure, calme, apaise. Karine nous a conseillé de faire des massages en jet d’eau sur le dos de l’enfant : en gros, faire descendre ses doigts le long du dos du loulou, doucement, plusieurs fois. J’ai essayé à la crèche, avec un enfant âgé de 18 mois qui avait un gros chagrin suite au départ de sa maman. Je lui ai proposé de venir sur mes genoux et j’ai fait ces petits massages, en lui laissant le temps de se calmer. ça me paraît important d’ajouter que je ne lui ai pas demandé d’arrêter de pleurer. Lui dire « arrête de pleurer », c’est lui renvoyer l’idée qu’il n’a pas le droit de le faire. Ce qui n’est pas le cas. Il a le droit d’être triste et de pleurer. Et ça fait parfois du bien de pleurer. De plus, si l’on ne permet pas à l’enfant de vider son sac émotionnel, le prochain chagrin risque d’être plus fort (le reste du 1er chagrin + le second = chagrin ++). Idem pour la colère. Et cet enfant s’est apaisé. J’ai réitéré avec un loulou encore dans les bras de sa maman : en lui faisant ces petits massages, il s’est détendu et j’ai pu lui proposer de venir avec moi.
Avant le coucher, il peut être bon de faire un massage à son enfant, pour le relaxer. Ou de le bercer : de droite à gauche et non d’avant en arrière car ce dernier mouvement stimule l’activité…
Karine nous a montré un bercement ample. Comment vous dire …. Tout le monde a été impressionné lors de la réunion ! :-) L’idée, c’est que quand l’enfant est agité, énervé, on le berce amplement pour se caler sur son  niveau d’énergie. Petit à petit, il va se calmer et le rythme de notre bercement aussi. Pour au final, devenir un bercement léger et doux. ça, il faut l’apprendre avec un haptonome. On peut pas le faire comme ça, n’importe comment, à mon sens. Il faut bien se positionner et placer ses mains correctement sur bébé. Et expliquer aux gens autour ce qu’on fait parce que quelqu’un qui ne saurait pas, pourrait se poser des questions ! :-) Mais c’est intéressant.
Il y a plein de petits trucs pour aider au coucher :
- le préparer, avec une ambiante plus douce au moment du repas, peu de bruit, lumière tamisée,
- on a parlé du massage, on peut aussi proposer un bain aromatique,
- ritualiser : histoire, comptine…
- chuchoter des mots d’amour, etc.
Et si il y a des difficultés à la séparation, au coucher notamment, il peut être bon de se demander si la grossesse ou l’accouchement (qui est la première séparation) ne pourraient pas avoir un lien. Si l’un des deux a été mal vécus, même si on a l’impression de l’avoir digéré : est-ce la cas au fond… peut-être pas pour bébé. Karine propose de travailler sur le vécu émotionnel. Beaucoup de personnes l’ont rencontrée pour cela et les témoignages sont très positifs. ça peut être une piste.
Moi, je suis convaincue par l’haptonomie, pendant et après la grossesse. On crée un lien, on transmet beaucoup, on communique par le toucher.
A la réunion, un papa témoignait : il a accompagné sa femme lors de sa grossesse à des séances d’haptonomie et il racontait qu’il avoir pu construire un lien avec son bébé in utéro, parce que lorsqu’il posait sa main sur le ventre, bébé s’approchait, par exemple. Et du coup, quand son petit est né, il avait le sentiment de déjà le connaître et a été plus serein lors des séparations. J’adore !

 http://madamegazouille.fr/2015/03/aborder-la-separation-par-le-toucher/

vendredi 25 juillet 2014

La pédagogie Emmi Pickler


http://www.leveilauvert.be/content.php?lang=fr&page=projet&sspage=loczy

La pédagogie Loczy
 
Présentation de la fondatrice de l'Institut Loczy, le Dr Emmi Pikler
Le Dr Emmi Pikler est une pédiatre hongroise qui, en 1946, fut chargée de diriger l'Institut Loczy (Budapest), une pouponnière où les enfants, agés de quelques semaines à 3 ans, vivaient 24 heures sur 24, privés momentanément ou définitivement de leurs parents. Elle met en place une certain nombre de pratiques qui depuis, sont mondialement reconnues et ont été adoptées par d'autres milieux d'accueil.
Emmi Pikler s'appuyait sur une conception novatrice du bébé qu'elle considérait comme un être capable d'exprimer ses besoins, de se faire comprendre et d'interagir avec son entourage, s'il rencontrait des adultes prêts à l'écouter et à prêter de l'attention à ses manifestations. Elle pensait que le bébé était un puissant acteur de son propre développement et qu'il pouvait réellement devenir un partenaire actif dans les soins qui lui étaient prodigués par les adultes de son entourage. 
Elle s'appuyait également sur des travaux originaux qu'elle avait menés sur le développement moteur des jeunes enfants. C'est grâce à ses observations d'enfants laissés libres de leurs mouvements que le Dr Pikler acquit une connaissance très fine et complète du développement moteur de l'enfant. Le crédo d'Emmi Pikler était qu'il ne faut ni empêcher un enfant de se mouvoir (par exemple en le laissant des heures attachés dans un transat) ni le mettre dans une position qu'il ne sait pas encore prendre de lui-même, afin qu'il puisse atteindre les différents stades moteurs à son propre rythme, dans une grande sécurité corporelle, en éprouvant le sentiment de sa propre efficacité et en acquérant de ce fait une confiance en ses capacités personnelles.
Les grandes lignes de la pédagogie Pikler-Loczy
Le Dr Emmi Pikler élabore 4 principes directeurs qui guident l'action de chacun au sein de son établissement:
  • Valeur de l'activité autonome: développer le goût pour l'activité autonome est essentielle pour que les enfants deviennent des adultes "créatifs et responsables", et ce par l'expérimentation des situations. Il est nécessaire que l'activité naisse de l'enfant lui-même pour qu'il l'investisse, avec une "auto-induction" (activitée spontanée) qui renforce le résultat positif. Les enfants sont donc totalement libres de leurs mouvements - tout en étant protégés des dangers. L'adulte ne fait que placer l'enfant dans des situations qui correspondent à son âge, met du matériel à sa portée, respecte le rythme de ses acquisitions motrices et l'aide à prendre conscience de ses accomplissements. 
  • Valeur d'une relation affective privilégiée et importance de la forme particulière qu'il convient de lui donner dans un cadre institutionnel: la nécessité d'une relation affective privilégiée et continue avec un adulte permanent nécessite une grande constance dans les attitudes éducatives et un engagement du personnel dans une "relation réelle mais consciemment contrôlée, dans laquelle l'adulte ne fait pas peser sur l'enfant sa propre affectivité et ses attentes personnelles". Les soins sont donc individualisés au possible, et l'enfant n'est jamais seul: il y a toujours un adulte à portée de vue ou de voix.
  • Nécessité de favoriser chez l'enfant la prise de conscience de lui-même et de son environnement et de partager l'importance de la verbalisation du vécu: par la "régularité des événements dans le temps et la stabilité des situations dans l'espace", mais surtout lors des soins, on aide l'enfant à découvrir qui il est, ce qu'il fait, quel est son environnement... On stimule beaucoup sa participation pour lui permettre de s'exprimer et de devenir un adulte "autonome et responsable". On parle à l'enfant pour le prévenir de ce qu'il va se produire, pour lui expliquer ce que l'on est en train de faire. Ce partage verbal permet à l'enfant d'anticiper les événements et de pouvoir réagir (interaction entre enfant et adulte).  
  • Importance d'un bon état de santé qui sous-tend, mais aussi résulte de la bonne application des principes précédents: chaque enfant bénéficie d'un régime individualisé concernant son alimentation, son cadre de vie et le déroulement de sa journée. On privilégie un maximum la vie au grand air. L'organisation de cette institution n'a donc rien à voir avec un établissement hospitalier, mais s'apparente plutôt à une "maison à caractère familial".  
Dans la pratique
  • Offrir un environnement stable, fiable et prévisible comme assise indispensable à la sérénité physique et psychique dont un bébé a besoin pour déployer ses forces pour grandir: un nombre restreint d'adultes interviennent auprès d'un même groupe d'enfants, de leur arrivée dans l'Institut jusqu'à leur départ. Cette constance favorise la mise en place d'une relation privilégiée et significative. Elle donne confiance à l'enfant, stimule son développement psychomoteur et intellectuel. La régularité du déroulement des journées scandées par un certain nombre d'événements prévisibles permet à chacun de s'orienter dans le temps, de pouvoir anticiper ce qui va se passer pour lui et d'être sûr de pouvoir compter sur l'adulte présent pour lui assurer la satisfaction de ses besoins corporels et être attentif à ses intérêts, à ses plaisirs, à ses désirs.
  • Le plaisir que prend l'enfant dans les soins est primordial, cela favorise son désir d'autonomie. Les soins permettent également la construction de la relation affective avec l'adulte qui s'occupe de lui et la prise de conscience de son propre corps. Les temps des soins (repas, change,...) sont privilégiés comme des moments individualisés de rencontre entre enfant et adulte sur lesquels s'étaie la création d'une relation intime et personnelle. L'enfant est toujours considéré comme comprenant. Les soins sont donnés sans précipitation, avec un souci constant de "faire appel à la participation" de l'enfant, quel que soit son âge: l'adulte lui parle en expliquant ses gestes et ses réactions, il lui présente l'objet qui va être utilisé, et il utilise les gestes spontanés de l'enfant, toujours dans le but de développer sa "coopération active". Les soins sont donnés dans un ordre rigoureux. Chaque enfant a son tour pour les soins. Cela permet de supprimer en partie les temps d'attente si pénibles, puisque chaque enfant s'habitue à l'ordre des soins. Mais il a son propre rythme veille-sommeil.
  • Les repas sont donnés selon le même principe que les soins. Ici encore, l'absence de hâte, l'attention de l'adulte envers l'enfant et le confort des enfants donnent une impression de contact réel de part et d'autre et efface la brièveté.
  • Les jeux libres et les activités autonomes: les enfants sont placés dans des situations favorisant cette activité autant que possible. Pour cela, on tient compte à la fois du rythme de l'enfant, de l'espace, du matériel de jeu. L'adulte observe et n'intervient que rarement, de façon à ne pas interférer de façon directe dans le jeu (sauf si l'enfant est en situation difficile). Il maintient les conditions optimales à l'activité auto-induite, commente les progrès et favorise la prise de conscience. 
LA MOTRICITE LIBRE 


La liberté motrice consiste à laisser libre cours à tous les mouvements spontanés de l'enfant, sans lui enseigner quelque mouvement que ce soit.

Le nourrisson sera toujours posé sur le dos tant qu'il ne sait pas, de lui-même, se tourner sur le ventre. Cette position sur le dos est celle qui permet le plus de détente (absence de tension pour soutenir sa tête) et le plus de possibilités d'activités propres à cet age (tourner sa tête, mouvoir ses jambes, ses pieds, ses bras et ses mains, bouger son tronc). Un enfant ne sera jamais mis dans une position qu'il ne sait déjà prendre de lui-même (on ne le mettra pas assis, ni debout avant qu'il ne le fasse de lui-même), on ne lui apprend pas à acquérir ces postures : il les découvre de lui-même, à partir de sa maturation neurologique et au gré de ses intérêts et de son désir d'expérimenter un nouveau mouvement. L'enfant essaie de nouveaux exercices, non pas poussé par un adulte qui attendrait de lui performances et précocité, mais parce qu'il se sent prêt à explorer une nouvelle possibilité, il en a envie et s'en perçoit capable.

Bien sûr, pour que l'enfant puisse développer sa motricité, un certain nombre de conditions sont nécessaires :

  • Une relation harmonieuse et porteuse de sens avec les adultes qui prennent l'enfant en charge
  • Des conditions matérielles, telles qu'un espace suffisant, un environnement riche et varié qui donne envie d'agir, des vêtements adéquats qui n'entravent pas les mouvements. De même, un enfant n'est jamais immobilisé dans une chaise, par exemple, ou gêné dans ses mouvements par un babytrot
  • Au cours des contacts avec l'adulte, des " conditions posturales " évitant de provoquer, de manière répétitive, des crispations de l'enfant (manière de le prendre pour le soulever, de le tenir, de le porter, de lui donner des soins…)

L'utilisation d'accessoires, de même que l'intervention directe de l'adulte dans l'acquisition de certains mouvements résulte souvent de l'inquiétude des adultes (" si on n'apprend pas à marcher à notre enfant, il ne saura jamais marcher tout seul ") ou d'un souci de fortifier les muscles et de lui faire faire des exercices moteurs. Or, toutes ces aides que l'adulte pense apporter à l'enfant entravent un développement harmonieux de sa motricité en provoquant des crispations empêchant la coordination de l'ensemble des parties du corps.

E. Pikler a constaté chez tous ces nombreux enfants qui ont développé leur motricité de façon spontanée et par leur activité autonome, l'apparition successive de postures fondamentales. De plus, tous ces mouvements libres de l'enfant sont eux-mêmes autant " d'exercices de gymnastique " qu'il expérimente puis maîtrise peu à peu, et ce sont ces exercices répétés des centaines de fois qui vont permettre à l'enfant de découvrir l'organisation dynamique globale de son corps, de ses différents muscles et ainsi le préparer peu à peu à toutes les positions successives de plus en plus complexes dont finalement les postions assise et debout.
Alors que l'enfant assis dans une chaise ou calé avec des coussins, avant qu'il ne sache s'asseoir de lui-même, va se trouver " cloué " sur place, immobilisé, réduit à une même et unique posture ; il ne pourra même pas jouer avec des objets car son équilibre est si précaire qu'un mouvement pour attraper un jouet tombé va le déséquilibrer. Ces enfants mis dans des positions qu'ils ne maîtrisent pas, restent tributaires de l'adulte malgré leur agilité et leur mobilité grandissantes dans d'autres postures, déjà maîtrisées.

Cette liberté motrice permet à chaque enfant de se développer selon son rythme et les tableaux d'E. Pikler nous montrent une large dispersion des âges auxquels chaque enfant acquiert une nouvelle posture et favorise un bon équilibre, une bonne qualité de mouvement qui font constater, chez ces enfants, une grande harmonie et aisance corporelle.

Cette maîtrise de leur motricité se répercute sur le développement de toute la personnalité de ces enfants et influence leur développement psychique : ils acquièrent l'assurance dans leur corps ainsi que la prudence et apprennent à réagir avec adresse aux incidents inattendus et chutes qui peuvent accompagner leurs jeux.

Ces mouvements participent à la construction d'une sécurité intérieure et d'une conscience de leur propre valeur, de leur compétence ; en expérimentant et découvrant leurs possibilités motrices, ces enfants développent un esprit d'initiative, une curiosité et un intérêt pour la découverte du monde, ils font preuve d'attention et de persévérance dans leurs tentatives ; ils découvrent le plaisir de l'activité riche, autonome et éprouvent un sentiment de réussite. Ces mouvements actifs des enfants, dont ils prennent l'initiative, jouent un rôle prépondérant dans le développement de l'intelligence : connaissance du corps propre mais aussi du monde extérieur et des objets. Ils participent à toute démarche d'apprentissage et donc de connaissance en général.

Ce développement de l'activité autonome des enfants ne signifie nullement l'indifférence des adultes : chaque enfant a besoin de partager sa joie avec un adulte qui lui est cher, lorsqu'il fait une acquisition nouvelle. Les adultes sont attentifs aux progrès des enfants et y participent en organisant un environnement approprié aux besoins de développement de chaque âge et en recherchant les conditions de cette activité autonome de l'enfant. L'attitude de l'adulte favorisant cette liberté motrice s'inscrit dans une attitude générale qui consiste à respecter l'enfant, à le considérer comme une personne capable d'initiative et de décision pour ce qui le concerne lui seul : son corps.

jeudi 10 juillet 2014

http://formationassistantematernelle.com/le-metier/


Le métier d'assistante maternelle : ses atouts et ses faiblesses
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Toute profession présente ses avantages et ses inconvénients et celle d'assistante maternelle ne déroge pas à la règle ; l'essentiel est de les connaître avant de s'y lancer car même si vous avez le profil idéal pour devenir assistante maternelle il n'y a rien de pire que de débuter sa journée de travail en se disant :"Si j'avais su...". Il est bien connu que les inconvénients acceptés en connaissance de cause se vivent beaucoup mieux, même s'ils n'empêchent pas de pester certains jours.
La première réaction face à une assistante maternelle est de lui envier sa chance de travailler à domicile. Il est vrai que cette situation présente des avantages certains mais les gens se font souvent une fausse idée de ces avantages. La principale d'entre elles est que l'on peut vaquer à ses occupations ménagères tout en assurant la garde des enfants.
Mais le métier d'assistante maternelle est un métier à part entière et non simplement un passe-temps : vous viendrait-il à l'idée d'emmener votre repassage sur votre lieu de travail? En outre l'hygiène du lieu d'accueil se doit d'être irréprochable, ce qui signifie que le ménage doit déjà avoir été effectué à l'arrivée des enfants.
Voyons maintenant de plus près les points forts et les points faibles de cette profession afin que vous puissiez valider votre projet professionnel et votre besoin ou non de suivre la formation assistante maternelle nécessaire à exercer ce métier..
Les atouts
1) Travailler chez soi
Ainsi que nous le disions, cette option présente des avantages non négligeables :
  • absence du stress des embouteillages ou de la cohue (et aussi des grèves!) des transports en commun pour les trajets du domicile au lieu de travail ;
  • dans le même ordre d'idées, économie de frais d'essence ou de transports ;
  • grande liberté d'organisation que l'on possède rarement quand on est soumis en permanence à l'autorité d'un supérieur hiérarchique ;
  • possibilité de choisir ses horaires, ses employeurs et de négocier son salaire ainsi que certains avantages sans la rigidité qui existe dans beaucoup de professions ;
  • plages de liberté durant les siestes ou pendant les heures d'école dans le cadre d'un accueil périscolaire.
2) Le grand bonheur de s'occuper d'enfants souvent très attachants : les moments complices entrainent beaucoup de gaieté, de jovialité et de tendresse et leur innocence est souvent source de grands éclats de rire ;
3) Les liens privilégiés que l'on peut être amenée à nouer quand on a affaire à des parents particulièrement corrects et responsables.
Les faiblesses
1) L'accès d'inconnus à son intimité ; c'est une profession à exercer en total accord avec son conjoint, certains d'entre eux étant susceptibles de considérer cette intrusion d'un mauvais oeil ; de même faut-il que vos propres enfants acceptent de vous partager sans jalousie avec d'autre petits.
2) Fatigue nerveuse liée au bruits, aux cris, aux pleurs ; cette profession implique d'être très équilibrée psychologiquement et de savoir conserver son calme en toutes circonstances.
3) Fatique physique due à certaines actions éprouvantes : porter les enfants, se baisser fréquemment... ; il peut en résulter des douleurs dorsales et des tendinites aux épaules ; ne pas négliger non plus les risques de contagion de rhumes ou autres maladies de l'enfant.
4) Dégradation possible du mobilier.
5) Absence de RTT : bien que les heures supplémentaires soient source de revenus, l'assistante maternelle préférerait parfois les échanger contre quelques jours de repos qui lui permettraient de souffler un peu.
6) Isolement professionnel : sans doute l'inconvénient le plus pesant ; s'il est appréciable de s'organiser à sa guise, en revanche l'absence de collèges, donc l'impossibilité de déléguer certaines tâches en cas de fatigue, est parfois très mal vécu.
7) Abus et irrespect possibles de la part de certains parents ayant tendance à considérer l'assistante maternelle comme taillable et corvéable à merci ; dans ce cas, le sens du dialogue et de la diplomatie permet de remettre les choses à leur juste place.
La profession d'assistante maternelle a donc ses bons et ses mauvais côtés comme n'importe quelle profession et elle nécessite une très grande motivation. Mais participer à l'éducation de petits enfants et occuper une place importante dans leur coeur est extrêmement gratifiant. Il est fréquent que le contact perdure entre des adolescents ou des jeunes adultes et leur "nounou chérie". Loin de yeux mais près du coeur, quel autre métier peut se prévaloir d'un aussi beau slogan?